Ben oui, je néglige un peu le blog... Faut dire que l'été, les gens se tiennent loin des ordis et qu'ici, c'est toujours l'été! (personnellement, je ne pensais jamais dépasser les dix messages l'an passée quand j'ai commencé...)
Bon ben qu'est-ce qui se passe?
Beaucoup de petits voyages de fin de semaine avant le grand départ: deux jours à Galle (sud), deux jours à Beruwella (sud), deux jours à Haputale (montagnes du centre) et deux jours aux Maldives (22 heures pour être précis), nous sortons enfin de l'étouffante Colombo...
Galle et Beruwella: La grosse Go!
Deux hôtels magnifiques en bord d'océan, nous y sommes allés les deux fois avec un couple d'amis (ontarien avec une texane) très sympathiques. Il y a pas une heure où je me demandais ce que je foutais là, moi l'éternel cassé... Spécialement au Lighthouse (Galle) où les chambres sont normalement plus de 300$ la nuit. Le vrai gros luxe on l'a eu pour 60$ à deux avec la bouffe! Les hôtels sont vides, les touristes aux Seychelles mais tout est ouvert ici... Ce qui fait que les sri-lankais moyens peuvent enfin se le payer! La combinaison guerre/tsunami a tué la frêle économie du pays...
Et on t'accueille en grand... Un trip que nous ne nous pourrons pas souvent nous offrir, j'avais l'impression d'être un millionaire dans le sud. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment notre trip mais nous sommes content de l'avoir vu (et vécu). N'empêche qu'il est un peu malsain de profiter de tout ça quand on se tire dessus trois cent km plus au nord. Lindsay et nos amis ont moins de remords, ils travaillent à aider les gens eux. J'ai hâte de retourner enseigner, l'inutilité me tourmente un peu. Je me console en me disant qu'anyway, je serais en vacance au Québec en ce moment et qu'il serait bien temps que je ferme ma grand gueule!
Haputale: Dans le bungalow de monsieur Lipton!
Oui, oui, le vrai monsieur Lipton dont je suis un grand consommateur de son thé glacé aux pêches en canette même si Lindsay dit que c'est d'la marde... Le tea country, il n'y a que ça de vrai! De belles montagnes et vallées fleuries, des petits villages sympathiques, des sentiers idylliques dans les champs de thé, une température moyenne de 20 degrés, un oasis de paix (et d'exploitation de la population par les grandes compagnies de thé) dans un pays turbulent. S'il y a un endroit où je me sens bien au Sri Lanka, c'est bien ici. Bon, tu marches dans un sentier à flanc de montagne pour arriver dans un petit village et tout le monde te regarde, les enfants te suivent, bref, le capitaine Haddock au Tibet... Un peu plus et je bénissais un nouveau-né! Heureusement, notre amie Marie qui en a vu d'autres au Vietnam et en Thailande s'est occupée de tout le monde et j'ai pu rester un peu en retrait. Pas que j'aime pas les gens, au contraire, peut-être que je les aime plus un à la fois...
Donc, nous avons loué pour le week-end ce qui était le bungalow du contre-maître de la plantation Lipton d'origine (aujourd'hui, la compagnie en a plus qu'une, vous imaginez...). Nous l'avons loué, à douze! Un bungalow ici, c'est un manoir chez-nous... Pour 60$ chaque, bouffe incluse, nous avons pu profiter de ce magnifique bâtiment colonial avec chef et serviteur. Pas besoin de préciser que je me sentais pas trop à ma place. Faut dire que les serviteurs, chauffeurs, cuisiniers et autres jardiniers personnels sont bien payés (en comparaison avec la moyenne) et sont tout à fait satisfaits de leur sort (me fais-je des accroires?). Les villages d'ouvriers qui ramassent le thé par contre... Des cabanes souvent insalubres et sans électricité, pas d'école passé le primaire, des horaires inconcevables, la grosse misère noire sans issue (mais avec le sourire!). Le fait d'être le produit d'un drummondvillois et d'une campivalencienne (Valleyfield) me donne 20 ans de vie de plus qu'eux, la chance de voyager, de devenir propriétaire, d'abuser, de m'instruire, tout ça me fait capoter, que d'inégalités! Égaux devant Dieu? C'est ça oui... Il n'y a pas de Dieu ou que des Dieux épais!
Les Maldives: Un paradis pour opprimés...
J'ai vu de belles choses dans ma vie (une vrai paire de seins au secondaire, ça affecte), le grand canyon, un fjiord en Norvège, survoler la ville de Londres en soirée (hallucinant, une ville grosse comme l'île d'Anticosti!), la Cappadoce en Turquie, bon, la liste est longue mais à cette liste, je dois rajouter: arriver aux Maldives en avion... Au milieu de l'Océan Indien, des chapelets d'îles en haut-fonds, tu peux voir le fond de l'eau à partir de l'avion, les couleurs sont magnifiques, récifs de corail, îles vierges, cocotiers, sable fin, alouette...
Et tu as l'impression d'atterrir sur l'eau...
Première impression: si tu ne vas pas dans une île-hôtel, t'es louche... Le douanier me scrute, taponne mon passeport, me questionne... Les autres lignes de touristes passent comme René Angelil dans un Casino de Vegas. Tu ne peux pas aller aux Maldives si tu n'as pas de preuve que tu as reservé un hôtel. J'ai reservé une guesthouse à 46 $ (une aubaine) dans Malé, la capitale où personne ne va... Le problème, c'est que cette guesthouse n'est pas sur la liste officielle, l'air de beu (le douanier) appelle pour vérifier, me regarde comme si j'avais traité sa mère de chienne finie, me fait comprendre qu'on a pas besoin de crotté comme moi ici et me laisse passer faute de pouvoir me faire embarquer (je l'emmerde ici par le biais de mon blogue, c'est lâche mais les douaniers tu peux pas les envoyer chier sur place... Le maudit pouvoir du tampon...).
Tu sors de l'aéroport et tu es tout de suite au quai, un petit bateau-taxi t'emmène sur l'île de ton choix, Malé? Bah, une piasse... Dans les guides et sur le net, j'avais lu qu'on te chargeait à la figure... T'as du blé? 12$ On m'a chargé le prix local, je ne sais pas trop quoi en penser...
Parlant de paradis, j'ai vu des dauphins sauter (au moins 4) juste sur le bord du quai, genre: "me semble oui!"
Arrivé sur l'île, j'en fais le tour (un gros 45 min. de marche), ça me rappelle Saint-Pierre (et Miquelon) et Gibraltar. Des petites rues, trop de véhicules, trop de monde, peu ou pas de parc... Ici, les rues n'ont pas de nom (Where the streets have no name), pour trouver ma guesthouse non-officielle faut chercher un brin... Je décide de prendre un taxi (incroyable, le nombre de taxis ici, ils ne servent à RIEN, tout se marche aisément...). Le réglement: n'importe quelle ride de taxi coûte 1$ (2$ si tu fais transporter tes bagages), peu importe la distance... Pas moyen de trouver ma guesthouse, même en questionant les locaux, je demande à un chauffeur à contre-coeur... Il m'embarque pour me laisser 300 mètre plus loin, bof, je lui tends sa piasse et il conteste! Il m'en demande trois pour un jet de pierre! L'enculé! Une face de beu d'envie d'chier qui sentait le crisse*! Je lui ai donné deux piasses en lui disant d'aller s'acheter un savon sous une pluie de tabarnaks... Ce genre de comportement ne m'honore pas mais croyez moi, il le méritait (je lui ai dit en anglais en plus). Je deviens sauvage en présence de chauffeurs de taxi crosseurs, comme si je ne pouvais plus me contrôler... Moi qui suis doux comme un agneau!
Bah, jour national aux Maldives, je voulais voir la parade... In your dream Sir! Le party est reservé à l'élite à l'intérieur du stade de foot et les maldiviens doivent le suivre à la télé! Le président élu (depuis trente ans dans la contreverse et la tricherie), invite des dignitaires étrangers et se fait un petit coup de pub... Le parti d'opposition manifestait à l'extérieur du stade, ses membres se sont fait embarquer. La police maldivienne est reconnue à l'internationale comme une des plus violente et corrompue. 24 morts ou disparus dans la dernière année... Je suis allé dans un café du partie d'opposition le lendemain, j'avais l'impression d'être dans un maquis de la résistance pendant la deuxième guerre mondiale... Secrets, plans d'attaques, désobéissance civile, ces maldiviens ont des couilles de vautour... Un type m'a confié qu'il voulait tuer le président, j'ai crissé mon camp!
J'étais à cran, tout le monde m'énervais, je voulais visiter la grande mosquée sans payer le faux-guide, engueulade (ils m'engueulaient, moi j'étais figé), un type me suit et me fait l'historique de bâtiments inintéressants en me demandant en bout de ligne de le payer sans que j'ai rien demandé, engueulade, une chance que l'alcool est interdit dans ce pays!
Et les femmes... Pas vu l'ombre d'une donzelle avant le début de soirée... Confinées à la maison! Les hommes, par contre, se prélassent au soleil, se baignent et fument dans des cafés...
Faut pas être négatif, c'est un très beau pays... Probablement les gens les plus lazy du monde (dans toute l'Asie, ils sont reconnu, sans joke!). Tu te lèves, tu bouffes, tu passes la journée à fumer dans ton hamac en jasant de politique puis tu bouffes et tu vas te coucher... Pas d'itinérant ou de quéteux ici, c'est interdit par la loi!
J'exagère un peu... Mais j'ai compris une chose, je ne suis pas fait pour tant de beauté, de soleil et de loi islamique! Pakuashipi anytime!
Bon ben c'est pas tout ça...
À betô
*Je déteste les chauffeurs de taxi qui crossent le monde, ils sont partout! Ne vous demandez pas pourquoi j'aime autant la marche...
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7 commentaires:
Très intéressant.
Je n'ai jamais rien lu qui me touche autant que ce texte du 31 juillet.Dans bien des situations la justice n'existe pas et on n'y peut rien. DOMMAGE""""
Revoilà notre Simon. Vraiment intéressant.
Les héritiers Lipton affichent un profil plus bas que les héritières Hilton! Bien contente de ce retour sur le blogue en attendant votre retour au pays...
à québec j'ai des amies qui étaient mal foutu et le chauffeur de taxi leur a pas chargé le trajet...ça c'est sympa. Et c'est arrivée 2 fois qu'un chauffeur de taxi a quêté une pipe à une de mes amies (en échange d'un trajet gratuit) Les deux fois il s'est fait crié après et elles ont eu le trajet à moitié prix sans se salir.
à Saint-Romuald il y a toujours le bon vieux Wayne qui souffre d'obésité morbide mais qui est très sympatique tout de même. Il travail toutes les nuits, surtout le 31 décembre. C'est la soirée la plus payante. Mais sa femme l'aurait abandonné à cause de son horaire chargé.
Il y aurait des rumeurs qu'il serait décédé... je ne sais pas si c'est vrai. J'espère que non.
Androue, ce personnage de Wayne devrait être l'objet de la nouvelle nouvelle de Ginette (qu'il soit mort ou non). Moi j'ai souvenir d'un chauffeur de taxi de Beauharnois qui n'avait que son char pour seule maison. Il faisait du taxi 24 heures sur 24 et dormait presque entre chaque course.
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